In vino veritas. Nicole Bureau. Groupe Photo du Pays Royannais

Publié le 31/10/2020 07:55
In vino veritas. Nicole Bureau. Groupe Photo du Pays Royannais

Bonjour Nicole, 

Au super-Challenge n° 1 organisé par la Fédération, dont le thème était « tentation », la photo que vous avez présentée est arrivée 11ème. Elle obtient également les meilleures notes de notre région.

Nous avons envie de mieux vous connaître. Pouvez vous vous présenter en quelques mots ? 

Je m’appelle Nicole Bureau et suis à un moment de ma vie où je préfère oublier mon âge. 

J’étais enseignante dans une autre vie et après un début de retraite en Bretagne, je suis arrivée à Royan fin 2018 pour me rapprocher de ma famille. 

Après avoir arpenté la pointe bretonne je découvre cette rive droite de l’estuaire (je suis née rive gauche en Gascogne) très différente de la Bretagne mais qui a un charme qui lui est propre.  

 

Vous êtes adhérente du « Groupe Photo du Pays Royannais », ainsi qu’à la Fédération. Qu’est ce qui vous a attiré ?

J’ai commencé sérieusement la photo il y a 3 ans et j’ai une large marge de progression devant moi et beaucoup de choses à apprendre, raison pour laquelle je me suis inscrite au GPPR dans lequel j’ai trouvé ce que je cherchais, bonne humeur, écoute, analyses sans jugement et conseils pertinents, partage, émulation et motivation à sortir de ma zone de confort. 

Maintenant j’ose montrer mon travail d’où mon inscription à la Fédération cette année. 

J’ai trouvé que participer aux divers challenges était la meilleure façon d’évaluer mes compétences et mesurer avec humilité l’étendue de mes lacunes, de voir différentes approches des thèmes proposés et les techniques employées, bref de progresser.

 

Et bien, pour une première participation, c’est une réussite ! Quelle est l’histoire de cette photo ? D’où vous est venue l’idée de la présenter à ce concours ?

Pour être franche, j’ai été très surprise de finir 11ème de ce premier challenge auquel au départ je n’avais pas prévu de participer. 

Après avoir vu l’exposition à la base sous-marine de Bordeaux , c’est à la Cité des Vins, où nous avions déjeuné, que j’ai pris quelques photos de cette caverne d’Ali Baba (Nikon D 7500, Tokina 11-16mm. 11mm, f /5.6, 1/3 » iso 1600 à main levée mais calée contre une porte). 

Ayant quelques clichés correspondants au 1er challenge j’ai discuté de ces photos avec le groupe de photographes du GPPR affiliés à la FPF et après analyse critique j’ai choisi de participer avec ce cliché que j’aimais le plus mais qui au départ ne correspondait pas tout à fait à ma conception du thème. Finalement au lieu d’ouvrir les portes sur la caverne comme je pensais, nous sommes à l’intérieur ne sachant qu’emporter avec nous.

 

Quelle est pour vous la place du post traitement ? 

Pour ce cliché la retouche a été « ad minima ». J’utilise Lightroom, que je ne maîtrise pas encore complètement. J’ai en plus utilisé Dfine 2 pour la réduction de bruit plus efficace que LR. En règle générale je retouche mes photos mais je ne pousse pas trop les curseurs. Le pinceau de LR est mon meilleur ami pour travailler par zone.

 

Que représente la photographie à vos yeux ?

Je vis seule et la photo est pour moi une belle incitation à sortir, à découvrir cette région que je ne connais pas, à en dénicher tous les charmes cachés et à travers mes partages sur les réseaux à donner à d’autres personnes l’envie d’aller voir de plus près le patrimoine, les beautés de la nature, d’être autre chose que des consommateurs de distractions formatées. 

 

Quelle est votre approche de la photo en tant que femme ?

je n’ai guère réfléchi au sujet, je n’ai pas assez de matériel photographique et donc pas assez de recul pour faire ce genre d’analyse. Je pense que peut-être une femme peut avoir un regard différent dans le domaine de la photo de rue, exprimer plus de sensibilité et d’empathie, mais je ne me sens pas investie d’une quelconque mission féministe, aujourd’hui je photographie pour mon plaisir. 

 

Quelle est la place des réseaux sociaux ? Et où peut on visionner vos photos ? 

Mes photos apparaissent sur la page Facebook de Photo 17 . Il y en a peu car il n’y a pas longtemps que je poste. J’en mets quelques fois en ligne sur le blog du GPPR et sur ma page Facebook personnelle , mais celle-ci n’est pas publique. Je vais peut-être finir par créer une page dédiée ou poster sur Instagram, mais je n’aime pas me mettre en avant.

 

Généralement, partez vous photographier avec une idée précise en tête ? Au hasard en espérant l’inspiration ? 

Quand je sors faire des photos, parfois j’ai une idée ou un lieu en tête, ou bien une technique précise que je souhaite essayer ou perfectionner, parfois je suis en maraude et shoote ce qui se présente. 

Je n’ai pas de règle, pas d’habitude, j’ai horreur des routines et des contraintes. 

Photographier c’est poser un regard différent sur le monde, monter plus que le visible, témoigner de sa beauté, de sa laideur aussi parfois hélas, c’est pour moi l’équivalent d’une séance de méditation, j’oublie tout ce qui préoccupe mon esprit, j’oublie le temps aussi, souvent. 

Les grands photographes sont des témoins de l’Histoire en marche, « le poids des mots, le choc des photos » dit le slogan. 

Je n’ai pas cette prétention, sinon juste témoigner pour ceux qui me sont proches des moments, des lieux, des événements, des émotions qui ont laissé des traces et qui font de moi ce que je suis.

 

Merci beaucoup Nicole, d’avoir pris le temps de répondre à ces quelques questions et bravo encore pour votre photo. Vous avez le mot de la fin…

En conclusion je dirais que quel que soit l’âge il n’est jamais trop tard pour initier de nouveaux projets, pour acquérir de nouvelles compétences. C’est ce qui nous aide à tenir dans la durée. Au seuil de la vieillesse,  lutter contre l’ennui et la routine mortifères, avoir un esprit curieux est essentiel pour que malgré les outrages du temps il reste « le panache ».